Le Musée de la guerre 1870 à Loigny-la-Bataille présente une nouvelle exposition intitulée « Héroïnes oubliées, les cantinières de l’Armée française », qui retrace l’histoire, le rôle et la représentation de ces femmes qui suivirent les soldats sur les champs de bataille jusqu’au début du XXe siècle.
Qui étaient les cantinières de l’Armée française ?
Apparues durant l’ère moderne, les cantinières occupèrent différents rôles au fil des campagnes militaires en France et à l’étranger. Remarquables à leur uniforme et leur emblématique tonnelet d’eau-de-vie, elles étaient notamment chargées de fournir nourriture et alcool aux soldats et de porter secours aux blessés sur les champs de bataille. Elles s’illustrèrent particulièrement lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 où elles furent mobilisées en grand nombre. Bien qu’elles connurent leur âge d’or sous le Second Empire, leur déclin s’amorça à la fin du XIXe siècle avec les grandes réformes militaires.
Un dévouement sans faille
Cette exposition retrace l’histoire des cantinières de l’Armée française et décrypte leurs rôles et uniformes grâce à des peintures, photographies, lithographies, dessins et aquarelles, et à des objets qui leur ont appartenu comme un chapeau et un tonnelet. Le Musée de la guerre 1870 s’attache également à raconter la force d’engagement et de détermination de ces femmes qui se retrouvèrent en première ligne des conflits : elles distribuaient des munitions sous les coups de feu, tiraient pour se protéger, étaient blessées voire capturées par l’ennemi… L’exposition relate les destins palpitants de quatre d’entre elles – Marie Jarrethout, Annette Devron, Catherine Rohmer, Catherine Dutailly-Laurin – dans des portraits qui rendent hommage à leur caractère intrépide. Elle décrit aussi le profond respect des soldats à leur égard et l’admiration de toute la société devant leur dévouement sans faille. Enfin, elle s’intéresse aux représentations dans les arts populaires et la publicité dont les cantinières, devenues un symbole patriotique, firent l’objet.
Une exposition accessible aux enfants
Il est possible de visiter l’exposition en famille grâce à des petits panneaux ludiques adaptés pour les enfants. Au-delà des iconographies, l’exposition offre également à voir une collection de petits objets merveilleux comme des images d’Épinal, des marionnettes et des figurines en étain.
Un prêt exceptionnel des Invalides
En 2025, dans le cadre de son exposition, le Musée de la guerre 1870 accueille un prêt exceptionnel du musée de l’Armée – Hôtel National des Invalides (Paris) : le chapeau et la veste d’une cantinière de la Garde Impériale.
Créé en 1905, le musée de l’Armée a pour mission de présenter l’histoire militaire de la France dans toutes ses composantes (terre, air et mer). Il abrite aujourd’hui près de 500 000 œuvres couvrant l’histoire militaire sur une période chronologique allant de la Préhistoire à nos jours, ce qui en fait un musée de référence en Europe et dans le monde. L’établissement est aussi le gardien du tombeau de l’empereur Napoléon Ier et affectataire de la cathédrale Saint-Louis des Invalides. En 2024, il a accueilli 1 306 563 visiteurs. Dans une optique de valorisation de ses collections, il consent à des prêts et dépôts chaque année à des musées en France et à l’étranger.
Des liens anciens existent entre le musée de l’Armée à Paris et le Musée de la guerre 1870 à Loigny-la-Bataille, remontant à la 2e moitié du XXe siècle. L’abbé Thevert, alors curé de la paroisse de Loigny-la-Bataille et initiateur de la construction d’un nouveau musée, avait obtenu le dépôt de deux jambes de bois ayant appartenu au Général de Sonis (amputé de la jambe gauche lors de la bataille du 2 décembre 1870 à Loigny) et provenant du musée de l’Armée.
En 2025, le musée de l’Armée renouvelle sa confiance au Musée de la guerre 1870 en lui prêtant deux pièces reconstituant une partie de l’uniforme de la cantinière de la Garde Impériale. Ces deux pièces ont appartenu à deux cantinières différentes mais qui étaient toutes deux cantinières de la Garde Impériale :
- Un bicorne appartenant à Madame Roch, dont l’identité précise et le parcours restent inconnus.
- Une veste appartenant à Madame Adélaïde Favrolle, cantinière de l’Armée française pendant 41 ans (dont 14 ans au service du 1er Régiment des Voltigeurs de la Garde Impériale), décorée de la médaille militaire en 1889 en souvenir de sa participation à la campagne de Metz durant la guerre de 1870.
Les uniformes complets de cantinières étant extrêmement rares, chaque pièce conservée constitue un témoignage précieux de leur engagement militaire et ravive ainsi la mémoire de ces héroïnes oubliées.
Autour de l’exposition
- Dimanche 16 mars 2025 à 15h : « Les cantinières, mythes ou réalités ? » – Conférence par Guillaume Bretegnier, Louis Delpérier et Pierre-Baptiste Guillemot, membres de La Sabretache, Société d’études d’histoire militaire, et par Pauline Azevedo, responsable du Musée de la guerre 1870 – Tarif : 5€ par personne – Inscription conseillée
- Samedi 17 mai 2025 à 18h30 : Visite guidée de l’exposition dans le cadre de la 21e Nuit européenne des musées – Gratuit – Inscription conseillée
D’autres visites et animations autour de l’exposition sont à venir.
Exposition réalisée avec le soutien du Ministère des Armées, de la Région Centre-Val de Loire et du Département d’Eure-et-Loir
Localisation :
Place du 2 Decembre 1870 28140 Loigny-la-Bataille